1854-1889 —> 2004
MÉMOIRE & HOMMAGE AUX PREMIERS INDIENS DE GUADELOUPE
DIMANCHE 23 JANVIER 2005 - DARSE DE POINTE-A-PITRE
Cérémonies de clôture de l'année de commémoration de la première arrivée indienne.
(cliquer sur les images pour agrandir)
Après l'abolition de l'esclavage de 1848, les colons eurent recours à des travailleurs indiens, principalement du Tamil-Nadou (Sud) et du Bihar (Nord), à qui on faisait miroiter l'Eldorado, pour sauver les plantations de canne à sucre abandonnées par les nouveaux libres.
Traités en apatrides, coupés de la vie sociale, leurs descendants devront attendre 1923 pour devenir citoyens français, à la fin d'une âpre bataille juridique d'Henri Sidambarom avec le gouvernement français.
En effet, ce dernier leur refusait, ainsi qu'à leurs descendants, nés en Guadeloupe et Martinique, le droit de voter. Ce procès politique dura 9 ans (1904-1923).
L'intégration réussie des indiens, grâce à leur volonté d'honorer leur terre d'accueil malgré les persécutions, à leur ardeur au travail, et les riches apports de leur Inde d'origine à la vie aux Antilles françaises, sont aujourd'hui unanimement reconnus comme hautement bénéfiques au pays de Guadeloupe tout entier.
Ouverture solennelle en présence des personnalités du pays.
Le Dr Henry Bangou, Maire de Pointe-à-Pitre et historien renommé relate péripéties et avanies de l'histoire de nos Indiens. Il salue leur contribution à l'évolution de la Guadeloupe dans tous les domaines - de l'agriculture à la politique.
Extrait d'un récit relation d'époque de Renée Dormoy, fille de blancs-pays, cousine du futur poète Saint-John Perse, à la fin du 19è siècle :
"C'était (surtout) le bas peuple de Calcutta et de Pondichéry qui nous était envoyé, fuyant leur misère et la famine. Ils étaient de race fine et parmi eux il y en avait beaucoup d'un joli type.
Chaque convoi était, il me semble, de 700 à 800 Indiens embarqués sur un grand navire à voiles qui mettait plusieurs mois à faire le trajet. A leur arrivée à Pointe-à-Pitre ils étaient débarqués à Fouyol à peu de distance de la ville, dans une sorte d'immenses hangars où ils étaient parqués comme des animaux se couchant pêle mêle par terre sur des couvertures. On en faisait des lots de 10 que l'on répartissait entre tous les “habitants“ (c'est ainsi que depuis le début de la colonisation étaient appelés les colons...).
Les propriétaires de toutes les habitations de l'île venaient choisir chacun son lot selon ses besoins et son goût. Il fallait parfois tirer au sort. Les enfants étaient donnés par dessus le marché. Chaque Indien était payé 1.900 F à l'Inde (peut-être pour contribuer aux frais du voyage, je ne me souviens pas) et contractait un engagement de 5 ans. Il appartenait à l'"habitant" comme un esclave mais sous la garde d'un syndic chargé de voir si de part et d'autre les engagements étaient bien tenus.
Je
me souviens d'être allée une fois avec mon père à Fouyol pour choisir
un lot et avoir insisté pour l'un deux qui comprenait 2 fort jolis
adolescents dont ma mère fit de gentils domestiques (...).
SOURCE : site de la famille Dormoy
Pour M. Jean-Boniface HIRA, président de la Fédération d'associations culturelles Bharat-à-Gua, la clôture des manifestations du cent-cinquantenaire de la première arrivée indienne n'est la fin que du commencement. La tradition indienne, porteuse de patience, de paix, de non-violence, tiendra désormais sa place pour tous dans notre ensemble socio-culturel, éducatif et spirituel.
Une jeunesse diversifiée et multi-culturelle prend conscience,
réveille un héritage malmené et occulté, veut l'offrir au monde entier.
Inauguration du monument de l'arrivée indienne,
riche en symboles, œuvre d'un sculpteur indien installé
en France : Sri Inderjeet Sahdev.
.
Géométrie, rigueur et imagerie abstraite, dialogue avec les éléments et les idées, équilibre architectural des formes, des relations logiques entre formes et espace, des codes et symboles, entre le désir de solitude contemplative, la nature, et l'architecture, tels sont les critères de M. Inderjeet Sahdev.
Avec une émotion communicative, l'artiste explique combien il a été frappé de voir
une communauté multi-ethnique célébrer avec tant de conviction une
intégration si étonnante pour lui, et pour l'Inde.
Shri Indrajeet découvre qu'il a travaillé non pas pour
une communauté isolée,
mais pour refléter le riche destin de la
Guadeloupe, peuple uni et divers à la fois...
La plaque commémorative : cliquer pour lire
“La volonté d'éradiquer tout un
pan de notre réel créole nous a conduit à de tragiques malentendus et à
des souffrances inutiles. Mais au temps du mépris, les
travailleurs tamouls, héritiers de l'antique sagesse du monde indien,
adopteront la voie du silence et de la non-violence.
Sur leur terre d'accueil, ils scelleront dans leur cœur cette pensée que chantaient déjà leurs ancêtres il y a 2000 ans:
Ma maison est partout dans le monde,
et tout homme est mon frère.
Aussi est-ce dans cet esprit de fraternité que nous avons célébré avec faste 150 ans de métissage avec l'Inde jusqu'ici non avoué et non-avouable.
En nous ouvrant les portes de la fascinante civilisation indienne, la commémoration nous a révélé une image séduisante et mystique de nous-même, car l'Inde a participé à la genèse de notre société créole alors que nous étions si peu disposé à son égard.
N'avons-nous pas, par cet oubli, amputé notre société de la dimension spirituelle nécessaire à son épanouissement ?
Cette reconnaissance de l'indianité nous rappelle que la sagesse hindoue vise avant tout la réalisation, la transcendance de l'être, et que c'est dans la culture que l'homme manifeste sa souveraineté.
Mais le 150ème anniversaire de l'arrivée des indiens a été aussi davantage pour nous une découverte historique, symbolique, unitaire, et emblématique.”
- Francis G. Ponaman, doctorant en culture et civilisation indienne, Paris.
PETALES SUR MER D'OUBLI
A ceux et celles qui franchirent les océans jusqu'aux îles, porteurs d'espoirs, d'apports, dont combien aussi périrent en mer, de maladies, ou de sévices - et puis qu'on oublia de mentionner dans nos livres d'histoire...
OFFRANDE
de la sixième génération d'enfants,
porteuse de tous les sangs, issue de tous les
continents, accompagne anciens et plus anciens devant l'eau pour y répandre,
à la
mémoire de nos ancêtres disparus, ces offrandes universelles.
«Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs,
Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs...»
Pierre de Ronsard, Amours, 1560.
VOIR aussi :
QU'EN DARSE AMIS! Fêtons 150 ans d'indianité guadeloupéenne
MISE EN QUESTION
L'outre-mer hexagonal a-t-il compris les indiens des Antilles ?
Dans les milieux ultra-marins hexagonaux, qui comptent nombre de personnes d'origine indienne ou dite batarindienne, la commémoration du cent-cinquantenaire de l'arrivée des premiers indiens en Martinique (2003) et Guadeloupe (2004) est passée inaperçue.
Cependant, le regard des indiens antillais sur eux-mêmes, la reconnaissance de leur immense contribution, la qualité de leur image dans nos sociétés ont fait un grand bond en avant en 2003-2004.
Il sera avantageux que cette élévation de la conscience aux îles ait son
prolongement dans la mentalité métro-marine.
Pour ce faire, il conviendrait que cet anniversaire, tout comme 1802 pour la part afro-caribéenne, soit marqué dans l'hexagone par une geste de commémoration historique, culturelle, artistique, musicale, spirituelle... gastronomique... de la geste indo-antillaise.
Souhaitons que ce soit aussi un tremplin de fraternité avec les milieux apparentés, originaires de l'Inde, de Sri Lanka, de l'île Maurice... vivant en France.
Cela aiderait à évacuer les schémas désuets et frustrés, à pallier l'ignorance des antillais sur l'histoire indienne des Antilles, histoire hélas absente de nos manuels, et remplacée par de tristes préjugés.
Cette partie intégrante et active du peuple antillais recevrait, enfin, un respect et une reconnaissance plus que mérités...
Crédit images :
Jean-Luc Goubin
Fred Négrit
Jude E. Sahaï
DZ imedi@images
K.L.Kamat
Lameca.




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Posted by: seiTo | 13/12/2011 at 04:41
It’s not clear what part Diddy played in their design but the point is that these are premium earbuds that are supposed to be stylish while keeping performance high.
Posted by: dre beats | 20/07/2011 at 04:46
Stockholm 9 Mai 2008
Dis donc ! Je ne savais rien de ce site super enrichissant Jean.
"Ma maison est partout dans le monde,
et tout homme est mon frère." est notre devise.
Oupédisa !
Maxette Olsson
Posted by: Maxette | 09/05/2008 at 07:09
Namakar,
Like all the above readers, I had no idea that we have an indian diaspora in Guadeloupe!! I am from the Caribbean, now living in Florida, USA. My paternal grandparents were from Trindad and maternal grandparents were from Guyana. Our ancestors received the same treaments but managed to keep our culture alive maybe because they came in larger groups.
The only semblance of the hindustani and Tamil language that I was exposed to as a child,were spoken by my grandparents, both from North and South India. There are some songs today sung in the Bhojpuri-style hindi by famous singers from Suriname, Trinidad and Guyana.
One of the factors that helped kept us so close to our culture is the hindi films and music. We are united by the songs of our Mother land -- Bharat!!
Long live the descendants of India.
Their strength, nature, culture and resilience is an example to all. Jai Hind! and our prayers for peace for the souls of ancestors who suffered but were victorious because of their perservance.
Good luck in all future celebration.
Janaki
Posted by: Janaki Persaud | 23/10/2005 at 10:45
Glad to see your website with photos.One day I will visit Guadeloupe and martinique. Currently I live in Toronto/Canada. Are there anyway I can see the stories in English.
Posted by: Siva.Vinayagamoorthy | 08/02/2005 at 22:59
Thank you for the very informative news. All of us from South Asia (India) must help our brothers and sisters in far away lands to enable them to acquire all the knowledge and feel the pride of being a Hindu. I am moved to see all the efforts made to keep the heritage alive.
Om Shivaya
Posted by: Kumaran Ratnam | 05/02/2005 at 04:23
Aum Saravanabhava!
Another great acheivement for the Persons of Indian Origin!... My thought and prayers are with the thousands who perished as a result of ill treatment at the hands of the colonial masters and the thousands who did not see a future in the French West Indies, as a result of their ill treatment and went back to India. Those who are left behind in the French West Indies have every justifiable reason to be proud of their history, their culture, their resilience, achievements and now their monument. I hope I can make contact with at least one of them to express my sentiments of joy on this important occasion.
Fraternal Greetings
Narayana Menon
Posted by: Narayana Menon | 05/02/2005 at 01:03
Hari Om,
It was only a few years ago that I read about Indians being in Guadeloupe. But there wasn't much records on it. Now I feel proud to see the Indian contrbution being recognized in Guadeloupe. I do have plans one day to visit all the places inhabited by the Indian Diaspora. I will certainly visit Guadelus then.
Best wishes
Thanneermalai
Singapore
Posted by: Thanneermalai Lakshmanan | 05/02/2005 at 00:14
Sir,
This is the first time ever I learned that Indians were in Guadeloupe. The plaque, the pictures, and the obvious happy look of the members in the pictures, made me quite proud of my Hindu Heritage. This is the greatness of Hinduism, peace, Daiva Bhakti, and papabheeti, and the non-violent nature of the core of the Hindu/Indian pulse. Bravo! Godd Bless You all!
The Lord Sri Mahavishnu/Maheswara/ and Brahma Deva-the Trimurthyathmika Almighty may bless you all.
I hope someday I may visit with you all, and be part of the oneness of our Greatest, ancient, and strong - from the roots Hindu culture.
I live in US.
Posted by: Manjula S. Mangipudy | 04/02/2005 at 23:18
Great, I am always happy to see that Indian wisdom is aknowledged.
Whoever initiated this celebration are beautiful human beings !
And although I have lived mostly in India, I am French!
Posted by: advaita | 04/02/2005 at 07:39
Namashkar and Congratulations.
Good to learn of the French Guadeloupe Indians learning of their roots. It is important to keep up our links and not forget the ancient culture that unites us wherever we reside today. I am born and reside in the UK.
G. Shiyani
Sanatan Dharma School
Co-ordinator
http://www.keshav.org/HYA/Hinduism1.htm
Posted by: Govind | 04/02/2005 at 05:36
I was thrilled to read about the unveiling of the plaque to comemerate the 150th arrival of the Indians to Guadeloupe.
I was keen to visit all the countries to which Indians had gone in the year 1974.
I visited Mauritius, South Aftrica, East Africa, Trinidad, Jamaica, Guyana and Surinam in one trip. Unfortunately I did not know of the presence of Indians in Guadeloupe, otherwise I would have visited.
I also attended a lot of Indian diaspora meetings worldwide and India many times and did not meet any representative from Guadeloupe.
I request that leaders should contact other Indian diaspora leaders and make the long lost contact.
I propose that an International meeting of the delegates from all the countries to which Indian Indentured Labourers had gone be organised. The present Prawasia Bharatiya Diwas organised by the Government of India is too focus on the NRIs of the developed countries.
Congratulations again for monument.
Dijendra Singh,
Secretary,
Fiji Girmit Council.
P.O.BOX 99,
BA,
FIJI.
Posted by: Dijendra Singh | 04/02/2005 at 05:01
Great to see the page and the photos. This reminds that the Indians carry the human values, love and affection where ever they go. It is difficult to describe your sacrifice. We pray the Lord Almighty. We send our wishes to you.
M.S. VISWANAATH
Chairman
Mill Sivaramaiah Foundation.
www.milsiva.org www.yogelements.com
Posted by: Mill Sivaramaiah Foundation | 04/02/2005 at 03:52
It was a complete surprise to me to read in HPI that 42,000 East Indians were taken to Guadeloupe as indentured sugar plantation workers. Unfortunately, many perished. Those who remained must be considered heroic. It is very good that there is now a monument to commemorate the Indians' arrival in Guadeloupe. Congratulations!
My parents were similarly taken to Guyana in 1910 as indentured labourers to work in the sugarcane fields. They also suffered under the system. I now live in Canada.
Posted by: J. Das | 04/02/2005 at 02:10