Quittant les bouffes de Paris, c’est dans le cadre plus social de La Courneuve que nous nous sommes rendus au soir du vendredi 2 novembre 2007 pour assister au vernissage de l’exposition de peinture d’un sympathique artiste trentenaire, V.P. Vasuhan.
Originaire d’Alaveddy dans la région tourmentée de Jaffna au nord de Sri Lanka, V.P. Vasuhan n’a pas perdu ses années passées comme réfugié.
Avant d’arriver en France, il a séjourné à Chypre où il a étudié la peinture, et visité Israël, l’Egypte, l’Italie, l’Allemagne, l’Autriche.
Son attachement pour la France, il dit le devoir à la richesse de la production artistique du pays.
Même après la Deuxième Guerre mondiale, nous a-t-il expliqué, la France a connu une impressionnante profusion d’art et de grands artistes.
Outre son activité musicale sous le titre de D.J. Vas, la mode, les massages ayurvédiques, V.P. Vasuhan produit donc ces peintures dont une vingtaine est visible en ce moment dans une Salle municipale sous l’égide du Comité des Artistes Courneuviens.
Outre ces organisateurs, que l’artiste chamarra d'un châle selon la coutume pour les remercier, on notait la présence de nombreuses personnes d’origine tamoule sri-lankaise de tous âges, venus encourager.
Les peintures de V.P. Vasuhan s’inspirent nettement de son pays d’origine, de sa culture, de la situation particulière que traverse depuis des décennies la région de Jaffna aussi.
L’ensemble de la présentation est surplombé par « Nous marcherons pour la Paix », œuvre de grand format symbolisant la longue quête de paix du pays et du monde…
L’environnement d’origine du peintre éclate d’emblée dans les formes, à travers les thèmes et le choix des coloris.
Rizières nourricières, rites hindous, nature touffue familière, mais éprouvante aussi (tsunami…), sentiments de mélancolie, détermination à aller de l’avant, à évoluer à tout prix, à préserver jusque dans l’exil son patrimoine et ses valeurs, sa dignité, son sens de la famille et du travail, à contribuer à la vie sur la terre d’accueil…
C’est tout cela qui transpirait dans la soirée inaugurale simple et conviviale, et qui vibre à travers les techniques mises à profit par le créateur : acrylique, émail, collage, dilutions, empreintes matériaux divers...
V.P. Vasuhan ne s’arrêtera pas là.
Voyages, présentations de son travail suivies d’observation créative des environnements visités, riches échanges donc à travers le vaste monde, lui sont promis.
La diaspora tamoule est sa grande famille, mais on ne traverse pas l’exil pour rester indifférent. La déférence envers l’autre, nous l’avons aussi ressentie – et ce ne sont pas les officiels de la Courneuve, parés par leur invité de somptueux châles, qui le démentiront !
Peut-être un jour V.P. Vasuhan rencontrera-t-il aussi ceux de ses frères des Caraïbes, aux destins entre-noués. Aux racines occidées dans la confortable aliénation.
Ou encore vives… encore en butte à la confrontation…
Jean-S. Sahaï
Exposition V.P. Vasuhan
du 2 au 16 novembre 2007
Espace Les Sens de l’Art,
50 av. Gabriel-Péri,
93120 La Courneuve.
06 50 44 85 34
PROCHAINE EXPOSITION
24 Novembre 2007 - 12 Janvier 2008
Vernissage : 24 Novembre 2007, 15 heures.
BAYADERE
23,Rue Louis Blanc
75010 Paris
Métro Louis Blanc/Jaurès.
http://papillondeparis10eme.tripod.com/
Site de l’artiste
http://vpvasuhan.tripod.com
Photos : J. S. Sahai. ©2007.
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V.P. Vasuhan’s Third Exhibition in Paris
I got on the plane at Larnaca which was full of tanned holidaymakers returning to Heathrow.
I got out – with 19 others all carrying their own bags - at Brussels, Belgium.
Took a bus – no toilet – no water across that country.
Through Picardy and thought of the First World War. Flat landscapes, the sort Mondrian could have been inspired by, but the feeling was more of Magritte. Flanders came to mind, too.
A Turkish Cypriot lady gave us homemade grape/nut chewies. The bus went on. Mobile phones were on the go. Crossed a border. We are on the way, hope to make dinner tonight. A taxi picked some of us up at Charles de Gaulle airport after 9 hours from home
Later, I looked out of my hotel window (it appeared I had stayed their when in the RAF in 1949) on Rue de Dunkerque and saw the Gare du Nord, where the trains now go to Ashford and Waterloo.
Paris is a lovely city. So far away – this time
I had come to open V.P. Vasuhan’s exhibition at Bayadere, 23 Rue Louis Blanc, whose director is Annick Garin.
Vas used to paint in my studio in Nicosia, but is now in Paris and this was his third exhibition there.
With the deputy Mayor of Mairie de Saint Ouen, Valerie, and Aravinde Appathurai, a poet from Madras, I was to open the exhibition.
Valerie and myself found a new urgency in Vas work, which appeared to relate to world stress. Aravinde observed how the artist had developed and found his way in Paris.
Amongst the guests were a film director, Raj, who had directed "Beyond the Mirror", a chap from the Herald Tribune, a lady who sounded like Audrey Hepburn whose father had a Welsh landscape by Cyffyn Williams, whom I had met in London more than half a century ago, TV producers and an Irish woman called Patricia who still has a lovely lilt to her French; plus lots of Sri Lankan friends of Vas’s, including Yapa Senarath who was here in Cyprus.
Vas’s father, Vellupillai Poobalasingham, had managed to make the exhibition, too.
He had turned up from Canada, where his daughter was married and was now on his way home to Sri Lanka
The new urgency in Vasu’s paintings.
The title Kamathenu-Ox, a mythical/bullish animal with the top part of the body female more than hinted at our current complexities.
A major work,’Diary’ (10), for example, had the strength of an Easter Island head but was far from resting.
In fact it had a considerable growl, a compulsive bite.
Even ‘Kamathenu’(13), with its feminine silk adornments had fierce horns. ‘
Live Wire’(6) had considerable spring to its sharp barbed bite.
‘Papillon’ (7) was erotically charged, while ’Petale’ (8), was as ambiguous as can be, and ‘Mischief’ (15) quite delightfully obvious.
‘Une Langue’ (20) a reminder of our Babel of confusions spelt clear.
‘Dances with Rat’(19), twists and turns with speed.
The artist’s love of nature was predominant in ‘Lavende de Giorde’ (32), ‘Van Gogh’ (33), a memory of a garden in Kaimakli, ‘Tulip de Mon Jardin" (34 ) and ‘Hibiscus, from Jafna’(35). Memories not at rest.
A deep and moving exhibition .

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